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Beast in Black + Sonata Arctica @ Ancienne Belgique

Concert du 27 octobre 2026

Bruxelles — Ancienne Belgique

07 nov. 2026 - Par Malice

Aucune branche du metal n'y échappe, ou presque : de plus en plus souvent, les vieilles gloires ayant passé leur pic de popularité doivent se résigner à servir de première partie aux groupes qu'elles ont inspiré et qui, actuellement, remplissent des salles dont elles-mêmes ne peuvent plus que rêver. Carcass en première partie d'Arch Enemy, Obituary qui ouvre pour Trivium, Suffocation avant Carnifex, les musiques extrêmes sont particulièrement impactées par ce phénomène auquel le heavy reste assez imperméable : les « vieux » restent les plus grands noms du style – Iron Maiden, Judas Priest, Saxon pour ne citer qu'eux – et n'auront jamais besoin de monnayer leurs services en première partie. Sauf, bien sûr, cas rares de tournées communes entre mastodontes, où il faut bien que quelqu'un lance la soirée.

Cette longue introduction pour vous dire que cette semaine, j'ai décidé consciemment d'aller voir Beast in Black à l'Ancienne Belgique... pour enfin revoir Sonata Arctica, quinze ans (et quelques mauvais albums) plus tard. Difficile de jouer les surpris : Sonata n'a jamais été un « géant » du style comme Stratovarius, Helloween ou Blind Guardian et a même progressivement dégringolé des affiches de festival, la faute, comme je l'ai dit plus haut, à une discographie à la qualité en chute libre depuis, disons, 2013 et Stones Grow Her Name. L'ascension fulgurante de Beast in Black, par contre, me surprend un peu, même si c'est une Ancienne Belgique en capacité limitée qui accueille les Finlandais (ce sera tout de même l'Olympia le 9 novembre !). Mais j'y reviendrai.

 

Frozen Crown

Avant les maîtres de cérémonie (et Beast in Black), c'est le jeune groupe italien Frozen Crown qui ouvre la soirée. Enfin, jeune : 10 ans l'année prochaine tout de même, et déjà... 6 albums au compteur. Le plus est parfois l'ennemi du mieux. Non pas que la musique de Frozen Crown soit mal fichue pour autant ; parmi les nombreux groupes interchangeables de power kitschouille du roster Napalm, ils font certainement partie du haut du panier. Il y a quelques mélodies sympa, beaucoup de sourires et ça joue très bien – mais soyons clairs : ça ne casse pas trois pattes à un canard. La reprise du « Iris » de Goo Goo Dolls (vous connaissez ce morceau, c'est certain) a le mérite de surprendre, et j'en ressors en ayant presque envie d'aller redonner une chance au groupe sur album.

 

Sonata Arctica

Ce qui m'a poussé à revenir voir Sonata Arctica sur scène, ce n'est pas leur dernier album Clear Cold Beyond (2024), qui montrait un léger mieux après des années de calvaire, mais trop peu et trop tard. Au contraire, c'est bien parce que le groupe fête ses 30 ans de carrière, avec une setlist assez excitante pour l'occasion. Et avant 1h30 de power survitaminé et épileptique, Sonata Arctica va prendre le contre-pied parfait... et livrer un concert majoritairement mid-tempo.

Drôle de choix en effet de commencer sur la fort répétitive et lente, même si très belle, « I Have a Right », issue du dernier bon album du groupe (Stones Grow Her Name). Tony Kakko est très en voix et n'en fait pas des tonnes, comme trop peu souvent, et le groupe enchaîne sur l'un des rares titres up tempo du soir : « Black Sheep », balancée un peu mollement mais qui rappelle quand même qu'au début des années 2000, Sonata Arctica, c'était le haut du panier. On a quand même l'impression que le groupe n'est plus vraiment intéressé par ces morceaux très power mélodique ayant, forcément, un peu vieilli : « 8th Commandment », joué sur les dates en tête d'affiche, passe à la trappe en configuration de première partie, et pas trace de titres très appréciés du public comme « Blank File », « The Cage », « Victoria's Secret »... ni même « Kingdom for a Heart ».

Non, à la place, Sonata a décidé de jouer des « power ballads » typique de son milieu de carrière : « Paid in Full » issu du mésestimé mais excellent Unia, le superbe « The Last Amazing Grays » et, bien sûr, « Tallulah », slow absolument skette-braguette, comme on dit chez nous. Parfait pour ceux qui adorent déjà le groupe, mais peut-être pas idéal pour séduire le fan de Beast in Black. « Closer to an Animal », titre le plus récent du soir, peine aussi à tenir la comparaison avec le reste d'une setlist tristement amputée du monument « White Pearl, Black Oceans » joué sur la tournée sud-américaine. Reste le bonbon du soir : la ballade « Shy », peut-être la plus belle du groupe, jamais (ou presque) jouée live auparavant. Et puis, bien sûr, ce final imparable « FullMoon » - « Don't Say a Word », lors duquel Tony Kakko rappelle qu'il est toujours un chanteur de très haut vol, loin des hurlements suraigus fréquents dans le style mais tout en finesse et en lignes vocales insaisissables (vingt ans plus tard, je ne comprends toujours rien à « Don't Say a Word »). Si seulement le groupe avait réussi à garder la magie de sa première moitié de carrière sur album...

Setlist : 

I Have a Right
Black Sheep 
Paid in Full
Tallulah
The Last Amazing Grays
Closer to an Animal
Shy
FullMoon
Don't Say a Word

 

Beast in Black 

Les quelques piques balancées plus haut ont pu vous donner l'impression que je n'aimais pas du tout Beast in Black. C'est faux, mais j'avoue les placer plutôt dans la catégorie « blague potache » que parmi les futures têtes d'affiche du style. C'était oublier que les blagues potaches peuvent devenir têtes d'affiche – demandez à Powerwolf et Alestorm. Reste que From Hell With Love et Dark Connection ont assez de tubes pour qu'un concert de Beast in Black soit un bon moment... en festival. J'étais curieux de voir ce que ça donnerait en tête d'affiche.

Après le « Resurrection » de Halford dans la sono (la tournée s'appelle « Resurrection Tour », parce que le groupe se sentirait « ressuscité » suite à l'arrivée du guitariste Markus Venehsalo, bon...), suivi du thème de Mortal Kombat, c'est parti. Le son est massif, presque trop, et la machine est déjà en pilotage automatique. Yannis Papadopoulos en fait des tonnes mais peine à aller chercher les notes de l'album : en réalité, le tout est tellement bardé de bandes dans tous les sens (ces backing vocals...) qu'il est noyé dans le mix. Restent, bien sûr, quelques moments assez catchy pour que je me laisse emporter : « From Hell with Love » et son très bon refrain, le quasi-ABBAesque « Sweet True Lies » et cette espèce d'abomination eurobeat qu'est « Power of the Beast ». Une direction que je m'attendais à voir Beast in Black approfondir sur l'album à venir, et ça ne m'aurait pas déplu, mais au vu des nouveaux titres joués ce soir, on en revient à quelque chose de plus « classique ». Classique et ennuyeux, comme ce concert franchement longuet dont aucun riff où vrai moment épique ne surnage en salle plus qu'en festival. Mais au vu de l'enthousiasme général, j'imagine que la bête continuera à grimper. Honnêtement, je préfère - et de loin - Powerwolf sur le même créneau...

Setlist : 

Mighty Dragon
Fear the Beast
Hardcore 
Born Again
The Fifth Angel
From Hell with Love
Beast in Black
Sweet True Lies
Enter the Behelit
To the Last Drop of Blood
Die by the Blade
Lost Children
Zodd the Immortal
Highway to Mars
Cry Out From a Hero
Power of the Beast
One Night in Tokyo
Blind & Frozen
No Surrender