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Motocultor 2026 - Samedi & Dimanche

Du 13/08/2026 au 16/08/2026

Carhaix — Site de Kerampuilh

20 oct. 2026 - Par Team Horns Up

La canicule se calme, mais le chaudron carhaisien continue de bouillir, les points d'eau sont pris d'assaut, les concerts battent leur plein. Après deux journées intenses au Motocultor, le programme du week-end du 15 août s'annonce chargé. Ça sue à grosses gouttes dans les pits devant la Dave Mustage, ça gigote sur le darksynth fiévreux du samedi soir, ça déconne sous la Bruce Dickinscène délirante le samedi avant de planer sous la même tente le dimanche au fil des ondes fuzzées. Plusieurs claques, peu de camouflets. Un petit florilège ?

 

Samedi : Bruit≤ | Rectal Smegma | Múr | Leprous | Slift | Nevermore | Within Temptation | Sierra Veins | Perturbator

Dimanche : EYES | Pain Magazine | Cryptopsy | Fit For an Autopsy | Castle Rat | Airbourne | Monkeys On Mars | Deafheaven | Judas Priest | Shaârghot

 

Jour 3 - Samedi 15 août

Bruit ≤

Massey Ferguscène

Simon : Inévitable sur la scène actuelle, Bruit ≤ poursuit son vacarme au Motocultor sous une tente comble. Les Toulousains lâchent leurs premiers coups amples sur "Ephemeral", bidouillant leur post-rock expérimental instruit avec une hargne organique revancharde. Le violoncelle de Luc Blanchot et la panoplie d'instruments de Clément Libes (violon, basse à six cordes) apportent la grâce savante au bouillonnement rythmique du batteur Julien Aoufi. Déchaîné, le violoncelliste la joue à la Hendrix en mordant des cordes d'un autre calibre.

Toujours dans la progression et le contraste, Bruit ≤ finit par symboliser la destruction d'un modèle sur "Technoslavery / Vandalism" sur un final chaotique libérateur en réaction à un accablement tristoune, sous le poids des géants dominants. La vidéo accompagnant le concert est moins immersive qu'à mon dernier concert en première partie d'Alcest, probablement en raison de ma position éloignée, mais je peux néanmoins me concentrer sur la musique. Si celle-ci est instrumentale, elle raconte tout de même une lutte. Pour apporter plus de paroles et d'humanité derrière la machine, Libes prend le temps de remercier le festival pour le choix de la programmation de Bruit ≤ malgré leur absence revendiquée des réseaux sociaux, une décision souvent punitive à notre époque ultra connectée où les mastodontes technologiques font la pluie et le beau temps. Le concert arrive à son point d'orgue sur l'élégant crescendo de "The Machine Is Burning", conclusion d'une prestation forte. L'écho de Bruit ≤ continue de résonner à chaque passage.

[Crédit photo : Gaël Mathieu]

Setlist :

  • Ephemeral
  • Industry
  • Data
  • Technoslavery / Vandalism
  • The Machine Is Burning

 

Rectal Smegma

Supositor Stage

Aurélie Jungle : J'avoue, le choix est discutable. Privilégier un groupe au nom douteux, mené par un JCVD en short qui va me parler de cocktails de menstruations, face au phénomène Bruit ≤ ? Bon. Ma passion inexplicable pour le grind me pousse inextricablement devant la Supositor pour revoir Rectal Smegma. Et c'est évidemment le bordel. Les bouées en tous genres et les rouleaux de PQ sont de sortie. Yanic, le chanteur, porte bien évidemment un short, rose cette fois, et Stijn (guitariste), généralement vêtu de manière plus classique, a également mis les formes : perruque blonde, coupe mulet, cycliste rose, lunettes de ski, tee-shirt et bandeau fluo. Bref le ton est donné et la fosse est en effervescence sous la poussière soulevée par le circle pit central. Le tout va encore prendre une autre dimension à l'annonce d'un jeu pour gagner un t-shirt : réussir à garder un ballon entre ses mains jusqu'à la fin du prochain son. "Par contre soyez sympas, on l'a fait au Summer Breeze et les gens se sont entretués pour le ballon." Et effectivement, ça n'a pas loupé. Une fois lancé, le ballon a disparu derrière un nuage de poussière et de cheveux. Là t'es content que les morceaux soient courts. Je n'ai pas revu le ballon et je n'ai pas réussi à identifier le gagnant non plus.

Tout va bien dans le meilleur des mondes me direz-vous mais c'est pas parce que c'est du grind, du goregrind même, qu'il n'y a pas de critique à émettre. Parce qu'il a merdé ce concert. Il a merdé sur le son. "Ouais c'est du grind"- non. Au démarrage, t'avais l'impression que la batterie était dans un box insonorisé : on entendait uniquement la grosse caisse, la basse était noyée sous la guitare et le chant dominait l'ensemble. Ensuite, il semblerait que les cymbales aient été lâchées niveau son et c'était d'autant plus vague. Avec bouchons, sans bouchons. Impossible de suivre un rythme quelconque et seules les parties mélodiques tenaient à peu près la route, puisque pas de chant. Sauf qu'il en a des trucs à dire Yanic. Ouais la petite déception. 

 

Múr

Massey Ferguscène

Simon : Retour sous la Massey Ferguscène pour les Islandais de Múr qui offrent de la découverte à la découverte en présentant des titres de leur prochain album. Versant dans le post metal proggy, les rythmes se révèlent plutôt énervés, invoquant le djent de TesseracT sur "Halgrima". Le chanteur Kári Haraldsson à la longue chevelure alterne le growl avec le chant clair en islandais, solennel sur "Vegferd", tout en tenant son clavier comme une guitare. Les sons de son instrument nous sortent parfois de l'ambiance intense des compositions. Mais nous gardons l'impression d'assister à l'éruption d'un volcan sur des progressions captivantes. Après des lignes surtendues à la Ludwig Göransson, "Tálvon" se termine avec deux guitares et le chant dans un rituel mélodique, pendant lequel le bassiste et le batteur quittent la scène. C'est une belle préparation au climax du magnifique titre "Eldhaf", qui rappelle la puissance planante d'un "Deadhead" de Devin Townsend avec des guitares poignantes et un chant transcendant. Le problème technique du guitariste qui doit changer son instrument en plein milieu du morceau ne ruine pas du tout le moment. Je suis venu pour entendre ce morceau et l'émotion est au rendez-vous, mais je ne peux rester pour la suite du concert après ce titre, ayant rendez-vous avec Leprous à l'autre bout du site de Kerampuilh (choix de programmation regrettable pour deux groupes de prog). Une belle découverte à revoir à leur prochain passage sur le continent !

[Crédit photo : Romain Ballez]

Setlist :

  • Fall
  • Halgrima
  • Vegferd
  • Tálvon
  • Eldhaf
  • Kviksyndi
  • Hamar
  • Frelsari

 

Leprous

Dave Mustage

Simon : Voir Leprous en festival disqualifie certes les passages les plus introspectifs du groupe, mais promet un set condensé autour des titres à l'efficacité dont le groupe a la recette. Le dernier album Melodies of Atonement a justement perfectionné cette formule et le rappelle sur les trois extraits interprétés au Motocultor, dont "Silently Walking Alone", toujours splendide en ouverture de show. Ses guitares décalées et sa batterie insaisissable sur les couplets renforcent le panache du refrain grandiose, fonctionnant parfaitement en live. Les Norvégiens s'autorisent quelques folies comme l'enchaînement dès le deuxième titre avec "Nighttime Disguise". Si Einar Solberg n'a pas peur de relever les défis vocaux, il peut se lâcher sur une durée de concert plus courte. Cet extrait dense de Aphelion touche allègrement à toutes les facettes du groupe, du calme au plus énervé, du plus aigu au plus grave, clair comme guttural. La transition avec "From the Flame" nous ramasse à la petite cuillère, conquis par les mélodies fédératrices de ce tube irrésistible.

La super ambiance dans le public est mise à rude épreuve par les slammeur.euses qui défilent à l'initiative des équipes de la sécurité réclamant avec des panneaux "slams svp" plus de mouvements pour s'occuper. La musique du groupe ne se prête pourtant pas tellement pas à une telle pratique.

Pour conclure après les classiques "Below", "The Price" (présenté comme un titre inédit pour la blague) et "Slave", "Atonement" fait des ravages par son beat faussement électro, puis enchaîne sur l'outro apocalyptique de "The Sky Is Red". Un 20/20 pour la performance et l'aisance des Scandinaves.

[Crédit photo : Gaël Mathieu]

Setlist :

  • Silently Walking Alone
  • Nighttime Disguise
  • From the Flame
  • Below
  • The Price
  • Like a Sunken Ship
  • Slave
  • Atonement / The Sky Is Red

 

Slift

Massey Ferguscène

Simon : Toulouse a décidément la cote aujourd'hui sous la Massey Ferguscène. Même dans le fond de la tente, l'immersion fonctionne ici à merveille grâce au superbe travail des lumières en noir et blanc puis aux touches orangées accompagnant la musique heavy psychédélique et les images épileptiques à l'écran. Je me délecte toujours de l'enchaînement imparable entre "Fantasia" et le groovy "Corrupted Sky". Nous voilà parti.es dans une ambiance cosmique nébuleuse, mais à fortes secousses sous les coups de la batterie furieuse de Canek Flores, instoppable. Les frères Fossat nous atomisent sous leurs flots de basses et solos de guitare. Les riffs sont effectivement hypnotiques lorsque le chant fait rage : "Here comes a storm of wings!" Quand la basse revient en jeu, ça tape dure et le climax s'abat brutalement.

Sans perdre le fil, le trio délaisse les morceaux de Fantasia, sortie remarquée de cette année, uniquement pour s'aventurer dans les galaxies "Ummon" et "Ilion". La folle cavalcade multidimensionnelle ouvre une porte vers les seventies aux allures de grande session de jam. Les effets psychotropes de leur musique commencent véritablement à se ressentir sur ces titres et nous font planer plus loin encore. Après cette odyssée, le retour à Fantasia sur "Secret Mirror" boucle le space opera sur un rythme détendu, comme un générique de fin après l'apothéose. Merci Slift pour cette escapade interstellaire quasi cinématographique.

[Crédit photo : Ciruf]

Setlist :

  • Fantasia
  • Corrupted Sky
  • A Storm of Wings
  • The Day of Execution
  • Ummon
  • Ilion
  • Secret Mirror

 

Nevermore

Supositor Stage

Simon : En 2011, Nevermore a éclaté en vol pendant une tournée européenne, fissuré par des problèmes d'alcool, de santé et des dissentions entre les membres. Jeff Loomis a poursuivi sa carrière solo, joué avec Arch Enemy, pendant que Warrel Dane et Jim Sheppard ont réactivé Sanctuary. La mort du chanteur emblématique aurait pu enterrer définitivement les chances de revoir Nevermore renaître, jusqu'à l'annonce d'une résurrection pilotée par le camp Loomis / Williams. À leurs côtés, les recrues sont inattaquables, tant le niveau est élevé, et ce concert au Motocultor en est une démonstration fracassante. Le colosse barbu Berzan Önen est déconcertant par la ressemblance de son timbre avec le chant unique de Dane et sa tessiture lui permettant des envolées rappelant son autre inspiration : Rob Halford. Le bonhomme est clairement à l'aise vocalement, atteignant tranquillement les notes aux deux spectres graves comme aigües, même là où Dane péchaient en live. Son compatriote turc Semir Özerkan à la basse intègre même du slap percussif sur les passages vrombissants.

La nouvelle mouture de Nevermore régale par son interprétation impeccable, son respect du matériau originel et sa setlist monstrueuse. L'excitation de réentendre aussi fidèlement les morceaux défunts depuis quinze ans est totale, et le groupe est généreux avec les fans en jouant des titres moins évidents comme "Engines of Hate" et l'énorme "This Godless Endeavor" parmi les classiques attendus "Inside Four Walls", "Born" ou "The River Dragon Has Come". Pas une note ne dépasse des unissons en cascade entre Jeff Loomis et le jeune Américain Jack Cattoi. Nevermore s'est toujours trouvé des excellents guitaristes live pour compléter le line-up (Chris Broderick, Attila Vörös, Steve Smyth), et Cattoi poursuit cette tradition. La ballade "The Heart Collector" prend une dimension d'autant plus émouvante quand elle est dédiée par Önen à Warrell Dane.

Le seul absent à ce sacré comeback est le public. Je n'ai jamais autant eu l'impression d'assister à un show privé, me sentant seul avec d'autres fans en transe isolés parmi une foule de plots. Le contraste entre notre engouement et la réaction éteinte (ou au maximum attentive) de la foule fait de la peine. Il faut attendre le dernier titre "Enemies of Reality" pour voir un pit. Pas de quoi m'empêcher de considérer ce concert comme le plus exaltant du festival, en première place sur mon podium. On a donné de la voix et du air guitar sur ces riffs bulldozer.

[Crédit photo : Gaël Mathieu]

Setlist :

  • Beyond Within
  • My Acid Words
  • Inside Four Walls
  • Engines of Hate
  • This Godless Endeavor
  • The Heart Collector
  • Born
  • Narcosynthesis
  • The River Dragon Has Come
  • Enemies of Reality

 

Within Temptation

Dave Mustage

Jérôme : Là, on rentre dans les noms qui apparaissent en gros sur l'affiche du Motocultor. Within Temptation vient présenter un show qui soutient ses meilleurs titres plus que la défense d'un album, le dernier, Bleed Out, étant sorti en 2023. Alors, la mise en scène est rôdée, Sharon arrive sous son masque pour "We Go to War" et emporte déjà un public tout acquis à sa cause et digne de son rang de tête d'affiche.

On va passer une belle heure ensemble, la setlist, qui varie très légèrement dans son ordre ou sa composition d'un jour à l'autre, est enthousiasmante, on prend plaisir avec des titres catchy comme "Faster", souvent mis en avant sur les réseaux sociaux ou "Stand My Ground" que le public reprend joyeusement. Si Sharon capte évidemment toute l'attention, Within Temptation est un groupe, le son est parfait et équilibré, et la scène sur de multiples niveaux permet de mettre en avant chacun des membres du groupe. Evidemment, le set est court pour un public aussi demandeur, mais le groupe a choisi de ne pas mettre de temps mort et de finir par deux énormes tubes qui ne vieillissent donc jamais, "Ice Queen" et "Mother Earth". Une belle performance pour des fans ravis.

[Crédit photo : Gaël Mathieu]

Setlist :

  • We Go to War
  • Bleed Out
  • Faster
  • The Reckoning
  • The Howling
  • Stand My Ground
  • In the Middle of the Night
  • Wireless
  • Paradise (What About Us?)
  • What Have You Done
  • Ice Queen
  • Mother Earth

 

Sierra Veins

Massey Ferguscène

Aurélie Jungle : Sierra Veins pour se chauffer avant Perturbator. L'idée du siècle. Sierra Veins, c'est de la synthwave/darkwave mené par Annelise Morel, seule sur scène. Et je pense que c'est important de le préciser parce que scéniquement, quelqu'un seul sur scène avec son instrument : on peut rapidement se faire chier. Mais c'était sans compter sur le génie de l'artiste. Deux synthés sont posés au centre de la scène, dos à dos avec juste l'espace suffisant pour que Sierra Veins se positionne entre les deux. La scène est plongée dans le noir et la musique se lance. On découvre alors Sierra Veins, déjà positionnée au milieu de la scène, derrière un micro et qui démarre avec "In the Name of Blood". On découvre alors aussi la scénographie avec ce "tunnel" vert de lumière dans le fond qui vient appuyer chaque beat un peu gras. On en prend plein les yeux et plein la cage thoracique. Ce premier morceau, cette présence derrière un micro, ce "I am ready" répété en boucle, c'est l'intro parfaite parce qu'au travers elle, Sierra Veins amorce ce qui va suivre. Il va y avoir fusion, la machine va prendre le pas et vraiment y'a un côté ultra vulnérable de sa part sur ce premier morceau, y'a l'humain.

La suite n'est qu'enchaînement de violence dopé par une polyvalence assez folle. Sierra Veins est partout : derrière les synthés, devant le public avec son micro, elle mixe, elle danse, se balade de gauche à droite tout en essayant de nous transmettre son énergie. J'ai un peu l'impression d'être seule avec elle, j'en oublie le public qui m'entoure tant la communion est forte. Et puis les jeux de lumières en rajoutent une couche : coupures, changement de couleurs, strombo… C'est théâtralisé de bout en bout, tout semble avoir été pensé au millimètre comme une machine l'aurait fait alors qu'en face de toi t'as cette demoiselle qui donne absolument tout ce qu'elle a et qui vient dominer l'ensemble. Le show devient alors organique et scotche le public.  

 

Perturbator

Dave Mustage

Simon : Un bug dans la matrice a bizarrement décalé les horaires programmés et nous voilà en route vers Perturbator alors que le deuxième titre se fait déjà entendre au loin. Encore une fois, drôle d'idée de mettre les artistes darksynth Sierra Veins et Perturbator d'un bout à l'autre du festival. Les percussions d'"Apocalypse Now" tabassent déjà et James Kent nous malmènent avec une première moitié de concert fort étouffante et sans pitié. Certes, "Humans Are Such Easy Prey" met toujours le feu, mais les titres cyberpunk indus "Corrupted By Design" ou le suffocant "Messalina, Messalina" ne sont pas les plus adaptés pour mettre une bonne ambiance en festival. Pas de good vibes avec Perturbator, cela va sans dire, et surtout pas avec ces longs morceaux, mais pour celles et ceux qui sont resté.es, on peut danser davantage avec l'enchaînement "Venger" / "Neo Tokyo" / "Future Club", parfaitement fluide. Le pic du concert, bien évidemment.

Derrière Kent et son batteur Dylan Hyard, pas de décorum aussi classe que l'arche au pentagramme ni le monolithe lumineux. Un simple écran géant sous-exploité fait tapisserie alors que le lightshow est, lui, bien intense et stroboscopique. Je ne cache pas mon plaisir d'avoir un peu de rab de New Model avec la froideur mécanique de "Tactical Precision Disarray" et la frénésie de "Tainted Empire", débouchant sur un final apocalyptique, pour boucler la boucle, toujours sur une note d'allégresse. Ce n'est pas le macumba le plus fun, mais c'est celui que j'aime et que j'ai déjà hâte de revoir.

Aurélie Jungle : J'annonce : je vais être un peu moins dithyrambique que Simon. Le set démarre en avance et on entre tellement vite dans le vif, sans intro, que pendant 2 bonnes minutes on pense que ce sont encore les balances que l'on entend et qu'on regarde. Le public est complètement déconcerté : "ça commence là ?". Au bout des deux minutes, le doute n'est plus permis. La setlist est dark et l'ambiance loin d'être au rendez-vous. Il faudra attendre que le premier tiers du set passe avant que la fosse se motive, soit sur "Humans Are Such Easy Pray". Ça retombera derrière comme un soufflet sur "Messalina, Messalina". Oui, comme l'a écrit Simon plus haut : on suffoque. Y'a peut-être un aspect que ces messieurs ont oublié de prendre en compte : on est à un festival et tout le monde dans le public n'a pas poncé les albums de Perturbator. C'est l'enchaînement "Venger", "Neo Tokyo", "Future Club"... les tubes en somme, qui va sauver ce concert. Le final sur "Tainted Empire" et son break démoniaque nous laissera un petit goût amer. On en aurait voulu un peu plus finalement.  

La scéno quant à elle est incompréhensible. Il est loin le temps de l'arche de lumière, des musiciens exposés sur scène de manière brute, sans fioritures. Si les jeux de lumières et les mouvements de l'estrade sont impressionnants, l'excès de fumée et le visuel sur le fond de la scène sont d'une déception sans nom. La fumée a ruiné l'ensemble, on ne voyait plus du tout les deux compères alors que c'est, pour moi, l'intérêt de ce live : regarder deux gars exceller dans leur domaine. Je vais conclure par un "dommage". Je pensais vraiment pouvoir mettre ce concert dans le top 3 de mon Motoc. Perdu. 

Setlist :

  • The Art of War
  • Apocalypse Now
  • Corrupted by Design
  • Diabolus Ex Machina / Weapons for Children
  • Humans Are Such Easy Prey
  • Messalina, Messalina
  • Venger
  • Neo Tokyo
  • Future Club
  • Tactical Precision Disarray
  • Tainted Empire

***

Jour 4 - Dimanche 16 août

EYES

Massey Ferguscène

Simon : Le réveil est hardcore, littéralement. Avec EYES, il est de ceux qui ouvrent de nouveaux horizons. Le style des Danois sort de lieux communs et explore de nouvelles approches dans un genre trop codifié. Le résultat est d'autant plus agréable à suivre. Ça bourrine, mais on ne devine pas ce qui va nous tomber dessus. Sur "Beelzebub, the Hypocrite", les breaks lourds tombent sans crier gare, et diantre que ça fait mal. Le son rêche de "Off" déclenche un tourbillon infernal dans le pit, peu dense, occupé par les adeptes du two-step qui peuvent s'en donner à cœur joie.

Issu du dernier album homonyme sorti l'an passé, "Spinner" transforme la Massey Ferguscène en théâtre de boucherie, avec son gros riff assailli de bruits chaotiques où il est impossible de ne pas se décrocher la tête. "Deflating Rooms" et "Moving Day for the Overton Window" en deviennent même hypnotisant tellement les guitares nous en envoient plein la gueule. Une œuvre radicale innovante à l'interprétation sauvage qui ne fait pas regretter le coup d'œil (clin clin).

[Crédit photo : Gaël Mathieu]

Setlist :

  • Money Mouth
  • Underperformer
  • Beelzebub, the Hypocrite
  • Them
  • Off
  • Spinner
  • Clown
  • Generation L
  • Deflating Rooms
  • Moving Day for the Overton Window

 

Pain Magazine

Massey Ferguscène

Simon : L'association du trio Birds in Row avec les artistes Louisahhh!!! et Maelstrom avait débouché l'an dernier sur un album mélangeant les influences expérimentales techno hardcore et la spontanéité de chaque membre. Il n'est donc pas étonnant de retrouver une grande variété sur ce dernier concert de leur tournée. Chaque morceau donne son atmosphère, tantôt légère, tantôt angoissante ou abrupte. Le souci d'un tel passage d'une ambiance à l'autre, même sans rupture brutale, est que l'on n'a pas assez de temps pour rentrer dedans. L'excellent titre "Violent God" me semble vite évacué en entrée, moins suffocant et plus quelconque que sur le disque, avec la chanteuse américaine Louisahhh!!! au sourire généreux en contraste avec son ton grave au micro, tirée à quatre épingles en veston. "Dead Meat" fait office de tube dynamique avant de sombrer à nouveau dans l'indus électro dark sur "Weak and Predatory". Le morceau introduit le spoken word et les hurlements vindicatifs distinctifs de Bart. Oublions le couac technique sur la grosse caisse interrompant le concert quelques minutes.

Une claviériste complète le groupe en l'absence de Maelstrom, pour distiller la vibe électro punk comme sur les titres "Nice Guys" et "Magic", soufflant le nom de Rebeka Warrior dans mon imaginaire. Plus planants et émouvants, "Like the Storm" et "Bastion" incarnent les véritables moments d'intensité du set, réunissant la voix de toutes les figures du groupe. L'engagement du quintet ne se cache plus sur "Choke Points" et dans la prise de paroles de Bart réitérant leur combat antifasciste : "Ils ont achetés tous les médias, mais on est plus nombreux." Heureux que Pain Magazine puisse encore compter sur la scène du Motocultor pour partager leur lutte.

Setlist :

  • Violent God
  • Dead Meat
  • Weak and Predatory
  • Like a Storm
  • Choke Points
  • Magic
  • Horse Song
  • Nice Guy
  • Bastion
  • Husk

 

Cryptopsy

Supositor Stage

Jérôme : Pour fêter dignement le 30e anniversaire de None So Vile, nos Canadiens préférés sont venus foutre le bazar en Bretagne. La tournée européenne du groupe les a menés à visiter les grands festivals et les salles pour leur Malice and Vile Summer Tour. En plein après-midi sous la chaleur écrasante, ça va être un défilé de slams et de circle pits. Cryptopsy a une identité musicale singulière, et chaque membre du groupe en est une composante essentielle. Alors voir Flo derrière ses fûts envoyer du blast avec une aisance déconcertante et Matt mener le groupe, très à l'aise dans sa communication avec le public, est tout juste ce que l'on venait chercher. Bien sûr, comment ne pas mentionner la basse de Oli qui claque et vient envoyer le public valdinguer.  

On a pris de la poussière et de la sueur pendant 55 minutes. Et aussi des hits du groupe, "Slit Your Guts" ou "Phobophile" sont des titres parfaits pour déclencher la folie dans le pit. On sent que la fatigue arrive doucement, puisque les premiers rangs ne sont pas aussi compacts que les premiers jours, mais la ferveur est là. Matt joue avec le fil de son micro comme si on lui retirait les entrailles, donnant un côté grotesque et amusant à une musique qui, elle, envoie fort et joue la technique. Un pur moment d'intensité à vous faire monter encore plus la température.

[Crédit photo : Romain Ballez]

Setlist (incomplète):

  • Slit Your Guts
  • Serial Messiah
  • Benedictine Convulsions
  • Phobophile
  • Crown of Horns
  • Orgiastic Disembowelment
  • Malicious Needs

 

Fit For An Autopsy

Dave Mustage

Aurélie Jungle : Passer après Cryptopsy : voilà le défi. Et Joe Badolato en est bien conscient puisqu'il ne manquera pas de revenir sur ses prédécesseurs durant le set : "Did you see Cryptopsy? I mean, what the fuck was that?". Oui. Fit For an Autopsy fait partie du trio death de la journée et est là pour nous mettre une branlée. Vu la semaine dernière à l'Alcatraz et ce fût un peu la déception. J'ai donc tenté une deuxième fois, me disant que peut-être j'étais tombée sur un mauvais set. Malheureusement, le résultat fût le même. Je vous renvoie pour plus de détails au live report de l'Alcatraz 2026 puisque je m'apprête à écrire le même ici.

Pour résumer : oui, le set est dantesque. Il démarre sur "Lower Purpose" et son "BEAST!" pour enchaîner sur un "It comes for you" et autres merveilles, pour se terminer sur "Far From Heaven". Oui c'est efficace, oui la fosse est déchaînée. Mais la voix de Joe Badolato est une catastrophe sur le chant clair. Et il le sait puisqu'il place du growl parfois pour le remplacer. Sauf que ce chant clair il est inévitable sur "The Wretch", sur "Heads Will Hang" ou encore sur le grand classique "Far From Heaven". Et vraiment c'est douloureux à écouter. Au-delà de ça, il faut qu'on parle de Josean Orta, le batteur. Le gars est une véritable machine qui n'a pas manqué de déconcerter absolument tout le monde. L'exécution de son côté était dantesque et a quand même fait un peu oublier les quelques ratés.  

[Crédit photo : Romain Ballez]

 

Castle Rat

Bruce Dickinscène

Simon : Sceptique de ce que propose Castle Rat au-delà de la nostalgie et de la fascination pour sa frontwoman Riley Pinkerton, je voulais voir ce qu'il en était en live, sans voyeurisme. Je ne me justifie pas, j'explique. D'autres curieux et curieuses en ont fait de même à en voir la densité du public sous la tente.

Autant inspiré des pères fondateurs du doom que de la culture pulp qui dessine leur esthétique sexy et épique, le groupe américain a véritablement une identité par la création de ses personnages, d'une narration et d'une scénographie qui dépassent le simple apparat superficiel et qu'on imagine très bien évoluer au fil des tournées. Castle Rat nous embarque dans une aventure quasi théâtrale avec une bande-son efficace. Les riffs de "Dagger Dragger" et "Feed the Dream" sont certes basiques, mais fonctionnent. La voix enchanteresse de la "rat queen" dominatrice est intouchable et fait tout le charme des titres. Les plus récents extraits du disque The Bestiary offrent davantage de rebondissements et accompagnent bien la mise en scène à moult accessoires. Celui qui a gueulé à côté de moi pour réclamer "plus de musique" n'a rien compris et s'est fait empalé du regard par mes copines qui ont dégainé à leur tour leur épée.

Je me retrouve totalement impliqué dans cette bataille finale (sur scène, cette fois) avec son twist, concluant par la réplique phare "Now is forever" sous des riffs triomphants. Vous ne m'entendrez pas dire du mal de Castle Rat en live. Le sortilège doit être puissant.

[Crédit photo : Gaël Mathieu]

Setlist :

  • Dagger Dragger
  • WIZARD
  • WOLF I
  • Bass Solo
  • Feed the Dream
  • SIREN
  • DRAGON
  • SERPENT

 

Airbourne

Dave Mustage

Aurélie Jungle : Incontournable. Le choix était cornélien mais désolée (ou pas), j'ai choisi les Australiens, les murs d'enceintes, la bière qui vole, la joie et le défouloir. J'ai beau avoir vu Airbourne de nombreuses fois, les émotions sont toujours les mêmes. Airbourne, c'est comme une bouffée d'air frais et la recette est inratable. Comme à chaque fois, le show se lance sur le thème de "Terminator". C'est complètement hors sujet, j'ai jamais vraiment compris mais ça fait toujours son petit effet : celui de chauffer le public. Le set démarre avec "Gutsy", morceau issu du dernier album prévu pour septembre et les musiciens font leur apparition au fur et à mesure, jusqu'à l'arrivée de Joel qui semble, comme d'habitude, surchauffé, avec son jean déchiré.

La fosse est déjà déchaînée et on est nombreux à dire adieu à nos gobelets de bière en un peu moins de 30 secondes. Et puis ce sera ensuite le marathon : il y a un wall of death toutes les deux minutes, des circle pits sans fin, des slams sans fin et des animations qualitatives, menées par Joel, comme le lancer de verres de whisky. Une technique qu'il maîtrise parfaitement puisque les verres lancés arrivent à la verticale sur le public.

Côté setlist, on aura évidemment droit aux classiques, qui ne feront que doper la fosse : "Too Much, Too Young, Too Fast", "Live it up", "Back in the Game", "Ready to Rock" (amené par la sirène manuelle sur scène), "Runnin' Wild"... Et des classiques que le groupe fera durer en longueur histoire d'intensifier les slams ou les circle pits. On est absolument tous en transpi, en train de chercher de l'air au milieu de la poussière. Joel descendra dans la fosse sur "Running Wild" pour s'éclater une bière sur le crâne, comme à l'accoutumée. Et putain je suis heureuse d'assister à ce bordel orchestré et toujours parfaitement exécuté. Ouais y'a beaucoup de choses qui ont changé en (quasi) 20 ans, mais pas Airbourne. J'espère juste qu'ils le font toujours avec la même passion. De mon côté j'ai passé une heure à courir, à sauter et à chanter, les cheveux plein de bière et le sourire aux lèvres. C'était monstrueux.   

[Crédit photo : Romain Ballez]

 

Monkeys On Mars

Bruce Dickinscène

Simon : Je suis très fan de ce crossover des Français de Mars Red Sky et des Suisses de Monkey3 et j'avais hâte de voir le rendu sur scène. Les deux entités ont sorti en 2025 leur premier EP sous la bannière Monkeys On Mars. En conclusion des cycles de tournées communes ce printemps et cet été, la formation combinée de stoner psychédélique termine sa course au Motocultor. Fidèles à leur concept, les deux groupes se passent le relais avec des entrées différées : le trio Mars Red Sky commence sur scène avec leurs titres avant de laisser la place au quatuor Monkey3 sur "Through the Desert" et enfin revenir pour jouer tous ensemble leurs titres communs. Les transitions sont sans emphase mais fluides, marqueurs de la symbiose du groupe, unissant leurs éléments manquants (chant pour l'un, claviers pour l'autre). Dans une petite interlude, Julien Pras insère même un petit clin d'œil à "Thunderstruck" avec l'intro de guitare d'AC/DC dans sa version psyché à forte reverb.

La fuzz est bien grasse sur ce concert, et la guitare bluesy de Boris nous éblouit sur ses solos. Malgré le son atmosphérique du groupe et des morceaux qui m'emportent sur disque, le décollage ne dépasse pas la stratosphère à titre personnel sur ce concert, en raison du manque de dynamisme et d'immersion cosmique. D'autres autour de moi devaient planer si on en croit l'odeur de pétard. Assez ironique devant le groupe qui m'affirmait juste avant en interview ne pas faire du stoner à fumeurs de joints.

Il avait été question à un moment de faire un set 100 % Monkeys On Mars selon les exigences du Motocultor, mais aucun nouveau titre ne vient s'ajouter à "Seasonal Pyres" et "Hear the Call". Le groupe condense les 2 h 30 de leur set de tournée en une heure, avec l'atterrissage final sur "Strong Reflection" de Mars Red Sky.

Setlist :

  • Apex III
  • The Light Beyond
  • Through the Desert
  • Seasonal Pyres
  • Hear the Call
  • Strong Reflection

 

Deafheaven

Massey Ferguscène

Simon : Cela n'a échappé à personne : George Clarke met la pression et ne lâche rien. Le chanteur animé par des forces surnaturelles court et tournoie dans tous les sens pour balancer ses cris et nous incite à le suivre : "You need to keep moving!" Avec le blackgaze de Deafheaven, tout se passe pourtant à l'intérieur. La première moitié du set est bien rentre-dedans. Les titres du bel album Lonely People With Power font leur effet en live, enchaînant les fracassages de "Magnolia" à "Revelator". Entre les deux, "Brought to the Water" maintient le bouillon avec la batterie survitaminée de Daniel Tracy.

La véritable transe commence ensuite : le classique de Sunbather "Dream House" propulse le public au pays des merveilles. On bascule dans toute la magie ésotérique de Deafheaven. J'avoue que c'est "Winona" qui me laisse le meilleur souvenir. Il m'envoie sur un petit nuage, et je vivrai mes meilleures émotions en gardant ces mélodies en image résiduelle. Elles flotteront encore librement et durablement dans ma tête après le concert. Magnifique. Quel pied d'expérimenter cet album en live.

[Crédit photo : Romain Ballez]

Setlist :

  • Incidental I
  • Doberman
  • Magnolia
  • Brought to the Water
  • Incidental II
  • Revelator
  • Dream House
  • Winona

 

Judas Priest

Dave Mustage

Simon : La venue des Metal Gods est clairement la plus belle prise du Motocultor. C'est aussi une prouesse que les Priests soient encore là et en si grande forme créative (cf les deux excellents Firepower et Invisible Shield). Si ce n'est pas une preuve de pouvoir divin, dites-moi ce que c'est. Ma dernière rencontre avec Judas Priest remonte au Hellfest 2011 quand Ritchie Faulkner venait de remplacer K.K. Downing et que je me demandais si Rob Halford pouvait encore chanter "Painkiller". Quinze ans après, le septuagénaire continue de me surprendre. Immense respect pour le bonhomme, tout sourire en train de savourer les yeux fermés les applaudissements admiratifs entre deux chansons. Tout le groupe est en grande forme, y compris Scott Travis (65 ans et lui aussi explose tout sur "Painkiller"). Seul Glenn Tipton reste en retrait pour des soucis de santé, toujours remplacé par Andy Sneap. Les guitares brillent avec ce beau duo, notamment sur les solos de "Panic Attack" du dernier album. Le son de la basse de Ian Hill est bien présent et carbure en pilier heavy inébranlable.

Les tubes pleuvent, du premier titre "You've Got Another Thing Comin'" qui me ramène dans mes virées à Vice City, jusqu'au refrain monumental de "Turbo Lover", "Breaking The Law", "The Sentinel" sur lequel on s'égosille, sans oublier des classiques que je n'avais pas eu le plaisir d'entendre en live comme l'impérial "Victim of Change". Seul "Metal Gods" fait tache avec ses refrains faux et ses visuels hideux aux hordes de soldats métalliques. Les hits en fin de concert font péter le jukebox, avant que je file avant minuit ("leaving before midnight") retrouver le carrosse de mon covoiturage perdu sur le parking chaotique.

Un concert à la hauteur du statut iconique de Judas Priest et une tête d'affiche en or pour le Motocultor.

[Crédit photo : Mad'moiselle Chat]

Setlist :

  • You've Got Another Thing Comin'
  • Metal Gods
  • Breaking the Law
  • The Ripper
  • The Sentinel
  • Desert Plains
  • Lightning Strike
  • Turbo Lover
  • Steeler
  • Delivering the Goods
  • Panic Attack
  • Victim of Changes
  • Halls of Valhalla
  • Painkiller

 

  • The Hellion / Electric Eye
  • Hell Bent for Leather
  • Living After Midnight

 

Shaârghot

Massey Ferguscène

Aurélie Jungle : c'est pas la clôture du fest mais ça y ressemble. La Massey Ferguscène est blindée et je pense qu'on est tous plus ou moins sous l'emprise de l'alcool tellement c'est le bordel. Shaârghot a bien grandi et on ne les présente plus. Une partie du public s'est fait shaârghoter dans l'attente et présente des traces de mains noires sur le visage. Semblerait qu'ils aient fait leur office quelques heures auparavant, soit passer dans le fest et marquer des festivaliers au hasard à l'aide de peinture noire en attendant le concert.

Shaârghot c'est du metal industriel mené par le très créatif Étienne Bianchi. Comme on l'entend souvent, c'est un peu "le Rammstein français", dans une ambiance un peu plus apocalyptique. Même si ça s'en rapproche fortement, Shaârghot a quand même sa propre patte et a réussi à se faire une place sur la scène du metal indus tout en s'éloignant de cette image du "Rammstein français". 

La scène se pare de rouge et les musiciens arrivent au fur et à mesure sous les stroboscopes avec, en fond, le classique "Let Me Out" qui se lance. Et boom : ça pète sur scène, littéralement. De la pyrotechnie pour lancer les hostilités. Ouais ouais y en a pour les yeux et pour les oreilles. Au max, ils sont 7 sur scène, avec des rôles bien précis, c'est très théâtralisé et pensé dans les moindres détails côté costumes et scéno : les micros, les lampes sur le côté pour donner un effet encore plus apocalyptique, les accessoires des musiciens et des danseurs… Chaque passage de Shaârghot est une surprise sur le côté scénique. Le groupe ne fait que grimper petit à petit les échelons et ajoute, à chaque fois, une touche supplémentaire à leur univers histoire de plonger un peu plus le public dedans. Là, ils ont mis les petits plats dans les grands et même si musicalement ça ne plaîtpas, on ne peut qu'apprécier le travail sur le plan visuel.  

Mais Shaârghot a ce côté "accessible" que Rammstein n'a pas : les couplets entrent facilement dans la tête et sont ultra rythmées. En somme, ça permet au groupe d'embarquer rapidement la fosse en la faisant participer. Et la fosse est déchaînée bordel. Malgré le peu de place dont on dispose, on arrive à lancer des wall of death, les slams ne tarissent pas, des festivaliers escaladent les poteaux latéraux pour danser et Etienne n'est franchement pas là pour plaisanter. "Break Your Body" débarque et aura l'effet escompté : celui de remettre une pièce dans la machine d'une fosse déjà survoltée. Mais l'apothéose se fera sur "Something in My Head" qui est aujourd'hui devenu un hymne.  

[Crédit photo : Romain Ballez]

 

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Nos remerciements au Motocultor Festival et à Angie Dufin (NRV Promotion) pour les accréditations et l'accueil.

Merci également à Mad'moiselle Chat, Ciruf, Gaël Mathieu et Romain Ballez pour l'utilisation de leurs magnifiques photos.