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Messa + The Night Eternal @ Montreuil
Concert du 01 novembre 2026
Montreuil — La Marbrerie
04 nov. 2026 - Par Team Horns Up
Horns Up retourne à la Marbrerie le jour de la Toussaint après la soirée d'Halloween. Avouons-le, nous avons la fraîcheur de zombies ayant dansé toute la nuit, mais l'enchaînement avec le doom goth de Messa était inratable. Le quatuor italien a sorti l'année dernière son album The Spin, qui tourne toujours sur nos platines, classé parmi les AOTY 2025 de la rédaction. Après plus d'un an et plusieurs prestations, en première partie de Paradise Lost notamment, Messa a pu perfectionner son set, toujours axé autour de cet excellent disque pour notre plus grand plaisir, une partie de la rédaction présente ce soir n'ayant pas eu l'occasion d'entendre ces titres en live. Le rendez-vous était d'autant plus immanquable, qui plus est en tête d'affiche, initialement au Petit Bain puis déplacé à Montreuil dans une salle comble.
The Night Eternal
Simon : Dix minutes avant le set de The Night Eternal, le personnel de la salle annonce un démarrage retardé en raisons du groupe pris dans la circulation. Un moindre mal car nous attendons seulement 20h20 que les musiciens installent leur matériel et fassent les réglages en un temps record. Seul le son est effectivement affecté par cette précipitation, car l'enceinte tousse régulièrement sur la guitare rythmique et la basse lors de saturations.
Les Allemands sont rapidement à l'aise et déroulent leur heavy rétro porté par un sens de la mélodie qui me rappelle tout Somewhere In Time d'Iron Maiden. Les titres sortent rarement de cette recette et s'essoufflent rapidement, en concert comme sur disque. Certains titres du nouvel album Cold Velvet comme "Eurydice (Don't Look Back)" et "When This World Ends" n'en demeurent pas moins accrocheurs et fonctionnent bien en live. Malgré quelques failles de justesse du chanteur Ricardo Baum, on retrouve sans artifice le timbre nasal du gaillard prenant à cœur son rôle de frontman. La guitare soliste de Rob Richter esquive tous les problèmes de son et se contente de briller. En plus de bien pulser le set, Aleister Präkelt offre de bons fills à la batterie et donne tout ce qu'il a avec du blast sur l'ultime titre "Moonlit Cross", dont l'intro débarque déjà comme une vague déferlante. Malgré des conditions compliquées, The Night Eternal a pu démontrer sa générosité un brin maladroite.
Setlist :
- The Veins of Time
- Eurydice (Don't Look Back)
- Prince of Darkness
- Caught In A Spell
- When This World Ends
- Elysion (Take Me Over)
- Moonlit Cross
Messa
Simon : L'intro est interminable, laissant la scène vide éclairée par des flashs sur des beats minimalistes le temps de balancer la fumée. Malgré une entrée dramatique orchestrée tout en mesure sur "Babalon", il me faut un certain temps pour rentrer dans le concert. L'impressionnante Sara Bianchin paraît en économie d'énergie dans son chant sur "Fire on the Roof" et "At Races" qui exigent pourtant plus de panache. On ne retrouve pas la dynamique de The Spin sur l'interprétation live de ses premiers titres, et ce sera ma profonde déception du concert.
Les soli du grand Alberto Piccolo deviennent l'attraction, toujours construits avec goût et aisance. La partie jazzy de "The Dress" devient le terrain de jeu du maestro, improvisant pour remplacer le duo guitare/saxo, sous le regard intense du bassiste Marco Zanin au synthé. "Thicker Blood" tient ses promesses avec son final déchirant qui m'implique davantage émotionnellement. Prévu pour clôturer les sets, il forme ici davantage une rupture intéressante en milieu de concert. Le groupe remonte progressivement après un solo d'interlude enchaîné avec les ornements orientaux de "Pilgrim" faisant revenir sur scène Sara qui s'était éclipsée. Même si la chanteuse est toujours sous-mixée, reléguée au même niveau que les instruments sans dominer l'espace sonore, elle remet plus de cœur sur "Immolation", sans mode eco. La guitare sensuelle fait le reste et nous cueille par sa virtuosité sur un solo flamboyant après avoir remplacé le piano sur l'intro.
La fin du set peut enfin mettre le feu aux poudres avec "Reveal" et "Snakeskin Drape", bluesy et puissants pour agiter nos caboches de bon cœur. On part réconciliés, avec "Hour of the Wolf" en rappel avec son introduction majestueuse à la basse et son riff de break doom toujours imparable. L'objectif était d'entendre tous les titres de The Spin et c'est chose faite.
Raton : Si je rejoins Simon sur le début vocalement timide pour Sara, en plus de ne pas être servie par le mix, je serai beaucoup plus enthousiaste sur le set dans son ensemble. À mes yeux, ce passage parisien prouve la stature du groupe italien dans sa scène mais aussi dans les musiques saturées, tant aucun groupe de doom récent n'a réussi à enchaîner autant de titres marquants en si peu de temps. The Spin paraît déjà comme une évidence live, chaque note étant bien pensée et chaque morceau assurant son morceau de bravoure, de l'explosion post-intro de "The Dress", au refrain de "Fire on the Roof", en passant par le riff incendiaire de "Reveal".
Côté setlist, elle peut être assez déroutante. Deux morceaux de Belfry, excellent disque, mais plus classique que ses successeurs, et dont la présence restreint nécessairement la place des autres. De fait, pas de "Leah" ni de "Tulsi" sur Feast for Water, et pas plus de "Dark Horse" ou "Orphalese" de Close. Ces 12 morceaux questionnent aussi nécessairement la longueur du show qui, selon moi, pour maintenir l'attention du public (particulièrement pénible et bruyant ce soir-là) et assurer la présence scénique des musiciens, pourrait être raccourci. Du reste, carton plein pour l'Italie, sans rancune pour 2006.

Setlist :
- Babalon
- Fire on the Roof
- At Races
- The Dress
- Thicker Blood
- Pilgrim
- Immolation
- Reveal
- Void Meridian
- Snakeskin Drape
- Rappel : Hour of the Wolf
