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WE Metal Fest 2026 - Jour 1
Du 04/04/2026 au 05/04/2026
Ris-Orangis — Le Plan
07 avr. 2026 - Par Aurélie Jungle
Il fait beau, il fait chaud, la vie coule comme une chanson... Troisième édition du We Metal Fest, deuxième pour ma pomme. Toujours au Plan, à Ris Orangis (91), le We Metal fest affiche complet cette fois-ci et il le mérite.
Ce fest est excellemment bien organisé. En seulement deux éditions, il a réussi à se tailler une belle réputation. Pour la faire simple : il est à taille humaine, hyper bien agencé, il n’y a pas de choix à faire sur la prog (les concerts s’enchaînent grâce à deux salles, c’est juste à toi de courir à chaque fin de set), y’a à manger, à boire… Bref y’a une ambiance de before avant les grands festivals de cet été (sujet qui rythment absolument toutes les conversations du public). En supplément, le We Metal Fest est retransmis sur le Twitch de L’Empreinte (partenaire du fest) animé par Mymetalunicorn, Bakared et Dealer2metal d’Outcasts. On y retrouve des bouts de live et des interviews des différents groupes ou influenceurs présents.
Enfin, 49 balles pour deux jours (une vente en early à 30€) avec des têtes d’affiche comme Rise of The Northstar, Ten56., Lofofora ou Shaârghot… C’est donné.
Je débarque les yeux fermés. Il y a quelques groupes que je connais, sans plus d’affinités, d’autres que je ne veux pas rater et d’autres dont je ne connaissais pas l’existence avant de les voir sur l’affiche. C’était pareil l’année dernière et je suis allée de surprise en surprise. Puis rappelons-le, c’est un peu le principe des festivals. Faites confiance à l’orga, elle ne vous décevra pas.
Revnoir | Downterra | The Browning | Th3ory | Ten56 | Spleen | ROTNS
Samedi 4 avril - Jour 1
Revnoir
Grande salle
Le We Métal Fest démarre avec Revnoir. Il est 16h et la grande salle est bondée. Revnoir c’est du metalcore avec quelques touches de rock et de dark électro. Pas ma came mais je reste complètement hallucinée face aux compétences vocal de Maxime, le chanteur donc. J’ai limite l’impression qu’il fait du karaoké tant il a l’air de ne faire aucun effort alors qu’on est sur du chant qu’on peut qualifier de classique, léger et qu’il enchaîne paisiblement avec du scream, tout en montant sur des notes très hautes notamment sur le morceau Red Ice. Le crash de la batterie, aux sonorités de couvercle de poubelle en métal, donne une texture folle à l’ensemble et la journée démarre très bien avec un public surmotivé qui tape son premier wall of death sur le break infernal du deuxième son. Petite surprise sur …Revenge, Clément, chanteur du groupe Ashen (qui était sur l’affiche en 2025), débarque sur scène pour un duo post refrain avec Maxime.

Downterra
Club
Enchaînement, direction la plus petite salle, avec Downterra, le nouveau concept d’Arthur Alternatif. L’année dernière, Arthur Alternatif avait fait le show avec Alternight. Du metalcore / hardcore qui avait clôturé la première soirée du fest et ça avait vraiment fait le taff. Cette année, on part sur un mix dubstep / hardtek / drum’n’bass / metalcore. L’exercice est casse gueule. Mais qui sait ? Peut-être que l’amour de la basse est plus fort que tout. Problème ici : le show est complètement aléatoire. Arthur le sait et il l’assume. Il le dira même directement « on a essayé de faire un truc débile ». C’est pas le terme que j’aurais employé.
Ils sont deux sur scène : Arthur au chant et XtronX derrière les platines. Le problème du show c’est qu’on passe du coq à l’âne. Les trois genres ne sont pas mixés entre eux. Ils s’enchaînent les uns après les autres, parfois sur le même morceau. Et là c’est vraiment casse gueule. Quand tu commences à t’enjailler sur une partie, tu passes sur une autre et il faut à nouveau te mettre dans un autre mood. Et je mets de côté le morceau de rap en feat qui se finit par de la liquid drum’n’bass qui m’a totalement fait perdre le fil. Bref ça ne fonctionne pas vraiment et c’est dommage parce que si tu isoles chacune des parties : c’est bien. Arthur est aussi un bon showman qui motive le public avec ses tripes mais vraiment, le schéma ne prend pas, malgré l’amour de la basse et une intro faite sur Smells Like Teen Spirit histoire de poser, rappeler, les bases.

The Browning
Grande Salle
Changement d’ambiance avec The Browning. Seul groupe américain de l’affiche. The Browning c’est un groupe d’electrocore. En pratique, ça donne du deathcore dopé aux infrabasses et à l’électro. On est tous soufflés à chaque lâché de basse. Le truc c’est qu’il n’y a pas de bassiste sur scène, tout est électronique. On a aussi pas mal de samples de violons qui viennent s’ajouter pour un côté symphonique. Côté scéno, ça joue beaucoup avec la lumière quitte à ce que la scène se pare de noir plus que de raison, les spots n’ont de cesse de tourbillonner, puis c’est la crise d’épileptie sur chaque break. Si le set était très orienté deathcore au début, on s’approche à petits pas d’une rave party, les bpm sont de plus en plus rapides et se font de plus en plus de place. Là où ça marche c’est que le gabber (ouais y’a du gabber) qui se lance se retrouve complètement avalé par les breaks death, entre-temps les deux sons se mélangent plutôt bien. Bref ça fonctionne et les circle pits sont légion. La fin se fera en chœur sur… Blue (Da Ba Dee) de Eiffel 65 remixé à la sauce The Browning. Oui vous pouvez aller y jeter une oreille même si j’ai trouvé ce morceau bien en dessous de tout le reste.
Th3ory
Club
On patiente sur du Igorrr en attendant Th3ory. Du cyber nu metal. Tu l’auras compris, la première journée se compose de groupes avec un base metal mais qui flirtent avec des sonorités électroniques. Le groupe est composé de 5 gars qui débarquent sur une scène trop petite pour le coup. Ils ont mis le paquet sur la scénographie et je me retrouve dans un mix de Deadspace et de cyberpunk avec des canons à CO2. Deux chanteurs, un qui rape et un qui scream (qui vient rappeler un certain Mushroomhead dans sa prime era), et…. Beaucoup de chorégraphie. Je suis un peu hallucinée du concert auquel j’assiste et on est tous clairement inactifs, silencieux entre chaque morceau, en mode « découverte », malgré une basse et une guitare lancinantes et des chanteurs qui donnent tout. Pour nous faire participer, on nous invite à chanter sur un refrain “We are, we are”, pour nous faire bouger, l’un des chanteurs décide de se jeter dans la fosse pour tenter de créer un pogo. Tous ces efforts ne prendront pas… Je n’ai pas retenu les titres des morceaux sur le break de l’un d’entre eux, le batteur lâche son poste et rejoint le reste du groupe pour une chorégraphie sur le devant de la scène. J’en perds mon latin. Je n’ai rien à dire sur la prestation du groupe, c’est bien exécuté, tu sens le projet qui a été réfléchi mais j’en sors peu convaincue.
J’ai faim, je tente un truc et c’est peut-être le seul bémol de ce festival : il n’y a pas assez de stands pour manger. Alors oui hors horaire de dîner, il n’y a personne. Sauf qu’arrivé sur les coups de 20h, il y a au moins 45 minutes de queue peu importe le stand que tu choisis. Je tire mon chapeau au stand de crêpes et à la demoiselle qui le tenait SEULE. Est-ce qu’on mange ? Ben non. Pas le temps.
Ten56
Grande Salle
Direction la grande salle pour Ten56. Ma troisième si on compte la doublette du Motocultor 2022 en remplacement de Lorna Shore (qui n’a d’ailleurs jamais ré-honoré sa présence - je pose ça là). Ten56. c’est un groupe (un supergroupe aussi mais je vais passer ce détail) franco-britannique de metalcore/ deathcore avec des samples électro, très très basses, tout comme la voix qui lead l’ensemble, celle d’Aaron Matts (chanteur d’origine britannique et ancien chanteur de Betraying the Martyrs). La petite particularité de ce groupe c’est le taff des gratteux avec leurs instruments complètement désaccordés et particulièrement celui de Luka (guitariste) avec son griffage de cordes qui apporte des sonorités inhabituelles. Ten56. a un son reconnaissable entre 1000 et c’est un bordel pour se mettre sur la gueule. Th3ory a fait office de pause, le public est de nouveau actif et y’a pas un moment pour souffler (à part peut-être sur RLS ok). Même les breaks, aussi noirs qu’une nuit sans lune, constituent un moment opportun pour se faire arracher la gueule en slow motion. Le show est toujours aussi lourd, cadré, je suis toujours autant hallucinée par le professionnalisme de ce très jeune groupe (2020) et je rigole toujours autant quand Aaron cale les insultes qu’il a appris dans la langue de Molière. C’est efficace, comme d’hab, et leur fameux girls pit sur Yenta fait toujours son effet. Ces messieurs rattraperont largement ce break réservé aux meufs avec I Know Where You Sleep qui arrivera juste derrière. On terminera le set sur les genoux.

Spleen
Club
C’est l’heure de Spleen, groupe de metalcore / deathcore que je ne connais pas. Pour le coup : la salle est trop petite. La scène se pare de candélabres pour nous plonger dans une ambiance mélancolique (coucou Baudelaire) et là… C’est la claque. Ma première claque de cette première journée qui commençait à manquer de blasts. Nous y voilà. Les gars débarquent et boom du growl, du scream, des “bleh” et la fosse qui tangue. Les breaks sont assommants, les blasts débarquent au moment où tu t’y attends le moins, l’attaque est viscérale. Gaëtan (chanteur) a une présence folle sur scène et sa versalité vocale est impressionante. Shoutout aussi au bassiste qui a égayé mes tympans. La fosse est presque meurtrière quand on arrive sur le break de VEN 75. Un break lent avec une guitare bénigne, un chant clair assuré par l’un des guitaristes auquel répondra Gaëtan avec du scream. Le contraste est inattendu et bordel c’est très bien, même idée sur It Can(‘t) Be Worse. C’est là où tu comprends l’aspect mélancolique évoqué par le nom du groupe et le mood de la scéno. Et effectivement, les guitares qui s'adoucissent, la seconde voix, plus douce, qui fait son apparition, le tout face à un Gaëtan qui ne lâche rien et qui vient énerver la première voix : la métaphore auditive fonctionne à merveille. Ouais bon ce sera le calme avant la tempête cette histoire. La fin du set sera mortelle. Littéralement. Spleen a seulement trois ans d’existence et il me tarde de recroiser leur route.

Au tour de la tête d’affiche de cette première journée : Rise of the Northstar (ROTNS). ROTNS c’est du hardcore très groovy avec un côté hip-hop/rap et une adoration pour le Japon. Est-ce que j’aime ROTNS ? Non. Du moins pas sur CD. En live je dois reconnaître qu’ils sont capables d’embarquer absolument n’importe qui et j’en fais partie. La scénographie est folle et vraiment je suis contente de voir qu’ils mettent autant d’efforts dans les petits comme dans les grand fests. Évidemment les références au Japon vont bon train, on a donc un cerisier en fleurs, un grillage dans le fond avec un écriteau en kanjis et un distributeur reconnaissable entre mille pour ceux qui ont mis un pied au pays du soleil levant.
La soirée se transforme en samedi transpi avec un démarrage sur …Neo Paris, titre issu du dernier album. La salle est bondée, la fosse est déchaînée (où est-ce vous trouvez toute cette énergie ?) et les tubes du groupe s’enchaînent, le tout malgré la cheville pétée de Vithia (chanteur). Ce qui est aussi appréciable en live avec ce groupe, c’est l’implication de leurs fans. Ils connaissent absolument toutes les paroles (normal) et ça se transforme généralement en battle vocale. Les titres comme Showdown, Here Comes the Boom ou Back 2 Basics prennent alors une autre dimension. Petite surprise avec l’évolution de la scénographie au milieu du set, où le fond change pour laisser place à la pochette du dernier album. Le show s’enchaîne toujours avec une énergie folle, du circle pit, du wall of death… C’est évidemment parfaitement exécuté, millimétré et je suis rincée.

*
Je termine cette première journée avec une cheville en moins et la dalle. Shout-out aux ingés son : tous les sets étaient auditivement parfaits, vraiment. Il est l’heure de reprendre des forces pour enchaîner sur la seconde journée qui commencera à 15h.
Un grand merci à la talentueuse Sonia Sicard - Metal In Paname pour ces superbes photos.
