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Dimmu Borgir + Behemoth @Paris
Concert du 16 octobre 2025
Paris — Zénith
19 oct. 2026 - Par Michael
Depuis quelques années, les "super tournées" regroupant deux têtes d'affiche se sont multipliées. L'occasion de garantir un fort taux de remplissement et, surtout, d'évoluer dans des salles d'une capacité supérieure afin d'offrir des conditions idylliques – ou en tous cas différentes – à son public. Alors l'on regrettera forcément, dans ce contexte, des temps de jeu limités, mais il y a malgré tout certaines affiches qui donnent l'eau à la bouche et que l'on marque rapidement dans le calendrier. Cette tournée intitulée "In League With Satan" regroupant Dark Funeral en première partie et le duo Behemoth / Dimmu Borgir en tête d'affiche a clairement fait partie de cette catégorie, et à raison.
Behemoth
Behemoth est un groupe très présent dans notre contrée. Il se passe rarement plus de 12 mois sans que les Polonais ne se produisent en France. Rien que ces dernières années, on peut citer leur concert au Zénith de Paris en 2022, à la Philharmonie en 2024, à l'Olympia en 2025, et ce sans compter les festivals (Hellfest 2023, 2026...). Forcément, il est difficile pour le groupe de se renouveler, si ce n'est en promouvant leur album du moment (The Shit Ov God sorti en 2025, en l'occurrence). On a donc parfois eu la dent dure contre le groupe, accusé d'éculer la même recette encore et encore, sans offrir grand chose à ceux qui les suivent depuis longtemps et qui, comme moi, ont dû les voir plus d'une vingtaine de fois en live depuis les années 2000.
Et pourtant, ce soir, Behemoth a défié toute logique. Alors même que le groupe a concocté une setlist résolument tournée vers ses dernières sorties ("Thy Becoming Eternal" de Opvs Contra Natvram ; "The Shadow Elite", "The Shit ov God" et "To Drown the Svn in Wine" du petit dernier ; "I, Svlptor" de l'album du même nom), qu'il a peu varié en gardant les titres indéboulonnables de ces dernières années que l'on aimerait voir renouvelés ("Blow Your Trumpets Gabriel", "O Father O Satan O Sun!" et "Ora Pro Nobis Lucifer" de The Satanist, en tête), et que les anciens titres sont restés les classiques "Conquer All" et "Chant for Eschaton 2000", cela a marché ; cela a même marché très fort.

La raison est triple, à mon sens.
La première est que le groupe a, ces dernières années, retrouvé une nouvelle jeunesse en live. Au fur et à mesure que les sorties du groupe m'intéressent moins, je ne peux nier que la qualité des prestations live est revenue. Après un petit creux à la fin des années 2010, Behemoth a réussi le pari de se renouveler juste suffisamment et a vu Nergal retrouver une partie de sa voix d'antan, pour refaire du groupe un mastodonte en live. Je me rappelle d'ailleurs de la prestation au Hellfest 2026 qui m'avait scotché. Et la date de ce soir n'a pas dérogé à cela avec un groupe en jambes.
La seconde est que même si le groupe ne varie pas assez ses setlists, il offre toujours ici ou là une petite pépite qui va nous ravir. Ce soir, ce fut "Daimonos" en ouverture, tirée de l'excellentissime Evangelion. Et je dois dire aussi, au passage, que les titres du dernier album se révèlent meilleurs en live...
La troisième est que si le groupe gravite toujours un peu trop autour de la personnalité de son charismatique frontman, les conditions de live sont irréprochables. Lights parfaites, utilisation maitrisée de la fumée, son très bon – pour peu que vous n'étiez pas dans les premiers rangs. SI l'on ajoute à cela quelques petits éléments de scène qui varient au fil des années (notamment l'utilisation de pyrotechnie), la recette fonctionne très bien.

En substance, ce report aurait pu être un déversement de fiel contre un groupe qui, pour beaucoup, a connu son pic à la fin des années 2000. Et pourtant, que nenni. Je ne rate aucune prestation de Behemoth lorsqu'ils passent car, justement, ils savent toujours me ravir même quand je ne m'y attends pas, ou plus. Ce soir, Behemoth aura encore offert une prestation extrêmement solide à un public venu en masse (zénith quasi complet en formation réduite), scellant une fois de plus leur statut (mérité) de tête d'affiche de la scène black/death mondiale. Bravo, messieurs !
Setlist :
Daimonos
Ora Pro Nubis Lucifer
Thy Becoming Eternal
The Shit ov God
Conquer All
Blow Your Trumpets Gabriel
I, Scvlptor
Ov Fire and the Void
To Drown the Svn in Wine
Bartzabel
The Shadow Elite
Chant for Eschaton 2000
O Father O Satan O Sun!

Dimmu Borgir
La plus grosse surprise du soir ne viendrait-elle pas de la première tête d'affiche du soir ? Car, au fond, on se doutait quand même un peu que Behemoth produirait une prestation solide vu leurs dernières sorties. J'avais un peu plus de doutes pour Dimmu Borgir, qui a pu souffler le chaud et le froid ces dernières années, souvent d'ailleurs pour des raisons extrinsèques (son pas terrible), plutôt qu'en raison de ce qui se passe sur scène.
Et pourtant, quelle prestation ! Manifestement regalvanisé par un nouvel album étonnamment bon (Grand Serpent Rising, sorti le 22 mai dernier chez Nuclear Blast), les Norvégiens ont livré une prestation XXL pour le public parisien présent ce soir.

Dans le sillage de ce nouvel album, le groupe paraît comme transfiguré sur scène. Après une ouverture solide sur "Ulvgjeld & Blodsodel" – très bon en live soit dit en passant –, les Norvégiens ont enchainé "Mourning Palace", l'excellente "Kings of the Carnival Creation" et "Council of Wolves and Snakes" d'une traite, dans un déluge de pyro. Shagrath est en verve ; s'il n'est jamais très communicatif, il fait juste assez pour mettre le public dans sa poche. Cela bouge assez peu sur scène, mais qu'importe : la variation des lumières, un son plutôt bon et une setlist cohérente font leur travail. Que dire ainsi de l'enchainement final "Puritania", "Gateways" et "Progenies of the Great Apocalypse" – ponctué d'une super reprise de "In League With Satan" de Venom en compagnie de Nergal ? Du bien, assurément. Un petit côté best of qui a en tous cas ravi le public, bien plus compact que je ne l'aurai imaginé pour du black symphonique !
En somme, une grosse heure qui sera passée à toute vitesse, et un Dimmu Borgir qui continue son bonhomme de chemin de la plus belle des manières.
Setlist :
Ulvgjeld & Blodsodel
Mourning Palace
Kings of the Carnival Creation
Council of Wolves and Snakes
As Seen in the Unseen
Ascent
Reptile
The Serpentine Offering
Puritania
Gateways
In League With Satan (cover de Venom)
Progenies of the Great Apocalypse 
Un grand merci à Live Nation pour l’accréditation, et au Zénith de Paris pour l’accueil.
