Horns Up

Chroniques

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09 février 2020 - Par Michael

Volbeat

Seal The Deal & Let's Boogie

Label Universal Records
Style Heavy Metal
Format Album
Sortie juin 2016
Pays Danemark
La note de
Horns Up
9/10

Après tant d’années à écouter Volbeat, il fallait bien un jour réparer l’immense infâmie que constitue le fait de ne pas avoir de chroniques de ce groupe sur Horns Up. Je n’ai jamais été hyper branché par le Heavy Metal, à l’exclusion des grands classiques du genre qui m’ont bercé dans mon adolescence. Assez répétitif, pas forcément hyper recherché, le Heavy est un genre qui me laisse souvent sur ma faim. Mon absence d’appétit pour le genre vient toutefois principalement des voix qui sont souvent sans grande originalité.

La découverte de la musique des Danois de Volbeat a alors été une double claque : celle d’être enfin agréablement surpris par une découverte en Heavy, et celle de trouver ce mélange parfois un peu bizarre de Heavy et de Rockabilly. Et Seal The Deal & Let’s Boogie, sorti en juin 2016, est certainement celui qui m’a le plus marqué. Par son atmosphère, déjà, et par son homogénéité, ensuite. Rarement ai-je pu écouter un album ou autant de titres sont excellents. Alors que le groupe a déjà percé internationalement depuis de nombreuses années grâce aux sorties cumulées de Rock the Rebel/Metal the Devil et de Guitar Gangsters & Cadillac Blood notamment, le groupe nous revient avec ce qui constitue son album le plus abouti.

Certes, cet album n’est peut-être pas aussi brut que ses prédécesseurs. Il est également un peu moins typé Western et conquête de l’Ouest, contrairement à ce que pourrait le laisser penser sa pochette – très réussie, toutefois. Le son est mieux défini ; la production est irréprochable ; à tous égards, on sent bien que le groupe a pris une autre dimension. Mais cette professionnalisation palpable ne s’est pas accompagnée, comme c’est parfois le cas, d’une absence de prise de risques voire d’une aseptisation du son. L’émotion est toujours autant présente sur plusieurs titres.

Et c’est probablement en cela que réside la première et principale force de cet album. Un grand nombre de titres sont excellents et officient dans des atmosphères résolument différentes. De la très dynamique The Devil’s Bleeding Crown (ce riff !), aux très « groovy » Seal the Deal et Slaytan en passant par les profondes Let it Burn, Goodbye Forever ou The Gates of Babylone, Volbeat navigue entre les émotions sans jamais céder à la facilité ou au déjà-entendu. On pourrait également mentionner Rebound, aux paroles amusantes, ou bien encore la très dynamique de Black Rose en duo avec Danko Jones (la version sans ce dernier est d’ailleurs meilleure). Après tant d’années de carrière et un succès déjà acquis, le groupe ne s’est pas reposé sur ses lauriers.

La seconde force de cet album est à l’évidence Michael Paulsen. Si le bougre fait parfois quelques bourdes en live avec des paroles oubliées et quelques fausses notes, cet album est sa masterpiece. Je ne me lasse pas de la profondeur de sa voix et des variations qu’il nous lance en toute simplicité. Le break de Marie Laveau, les refrains de The Loa’s Crossroad ou de Goodbye Forever sont exceptionnels, par exemple. Ce dernier a eu un peu moins recours dans cet album à ces effets de voix qu’il utilisait par le passé pour renforcer le côté Rockabilly, mais il a rarement délivré une prestation aussi juste.

La troisième force de ce Seal The Deal & Let’s Boogie est à l’évidence son rendu live. Le groupe n’hésite jamais à introduire le maximum de titres de cet album, y compris dans les tournées de promotion des albums suivants, preuve s’il en est de la puissance de cet album. Jusqu’il y a peu, The Devil’s Bleeding Crown était d’ailleurs le titre d’ouverture du groupe. Et on peut le comprendre. C’est entrainant, les riffs à réveiller les morts sont légion (riff d’intro et break de The Devil’s Bleading Crown, riff principal de Seal the Deal) tout comme les leads de guitare (Goodbye Forever en est le plus bel exemple).

A la vérité, je pourrai continuer comme ça pendant des heures. J’ai beau être très attaché à ce groupe, je suis parfaitement conscient des faiblesses des premiers albums, comme du dernier d’ailleurs. Pour celui-ci, je sèche un peu. En creusant, on pourrait se dire que le mix de la basse est insuffisant. Mais pour le reste ? Il y a des prises de risque (interlude de cornemuse sur The Loa’s Crossroad par exemple), des compositions réussies, des titres entraînants, des titres dynamiques, des titres plein d’émotions, une atmosphère globale que vous ne retrouvez chez aucun autre groupe. Alors, en plus, lorsque chaque musicien sort son « A-game » et que la production est impeccable, inutile de chercher la petite bête.

Seal The Deal & Let’s Boogie est, à mon sens, l’album référence du groupe. Et il est certainement l’un des albums référence du genre sur ces 20 dernières années. Il n’est pas étonnant de voir le groupe grimper l’échelle encore plus rapidement et être propulsé en tête d’affiche un peu partout, malgré une communication très limitée et un « marketing » pas si développé.

Bref, vous l’aurez compris, cet album a scellé mon amour pour ce groupe. Et je ne suis pas le seul, il me semble. SI vous aimez le Heavy assez doux, que vous êtes passionnés par les histoires d’Outre Atlantique, vous y trouverez sans aucun doute votre compte.

Tracklist :
The Devil's Bleeding Crown
Marie Laveau
For Evigt
The Gates of Babylon
Let it Burn
Black Rose
Rebound
Mary Jane Kelly
Goodbye Forever
Seal The Deal
Battleship Chains
You Will Know
The Loa's Crossroads